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La guerre des mines Il est appelé sous les drapeaux le jour de la mobilisation 2 août 1914. Il part aussitôt pour le camp de Mailly, le 6 août 1914 où il est incorporé au 10ème Régiment du Génie et il fait, en civil, son baptême du feu contre les hulans venus en avant-garde de la ruée allemande vers la Marne. Pendant sa période d’instruction militaire accélérée il obtient ses premier galons : Caporal le 8 décembre 1914 puis Sergent le 21 février 1915 et 2 jours plus tard il est nommé Aspirant à titre temporaire. Elève officier de génie à Angers, l'aspirant Goulette est muté le 5 mars 1915 au 2ème Régiment du Génie/ 74ème Brigade de Réserve du Général Bigot/ 16ème CA du Général Grossetti/ 2ème Armée du Général Anthoine. Le 30 avril 1915, il se porte avec les hommes de sa section, aussitôt après l’explosion d’un fourneau de mines, avec un beau mépris du danger, dans l’entonnoir produit pour y organiser les lèvres et le réunir à leur tranchée, assurant avec intelligence et énergie l’exécution de ses ordres. 300 allemands morts ou disparus. Son capitaine écrit à son propos : «Gradé plein d’entrain et de courage malgré sa jeunesse ». Le 6 mai 1915, il est cité à l’Ordre de la division d’Infanterie. Le 26 mars 1915 il est promu Lieutenant et affecté à la Compagnie l6/3 puis rejoint la ligne de front le 25mai 1915.à Berry au Bac, à Tahure et à Perthes les Hurlus, où fait rage la guerre de mines. Le 20 juillet 1915 à Trapèze du Mesnil, alors qu’il est de service et chargé de diriger les travaux d’organisation d’un entonnoir de mine, il repousse deux contre-attaques. Un de ses sergents devient fou. L’autre a la tête emportée. Goulette continue malgré une grave blessure à la main provoquée par éclat d’obus, à lancer les grenades que lui apportent ses hommes. Il refuse de se rendre au poste de secours et continue d’assurer son service pendant encore 24h00. Le calme revient. Il peut livrer la position à l'infanterie. Le 09 Août 1915, il est cité à l’ordre du Corps d’Armée. 24 octobre 1915, il est asphyxié par les gaz, et évacué du front. Il rentre au dépôt le 02 février 1916. A sa demande, il repart au front et retrouve sa Compagnie le 1er mars 1916. Le 14 avril 1916, Le jeune Sous- Lieutenant Goulette est désigné pour être affecté à la Compagnie 10/3. Le lendemain, 15 avril, à la suite d’un camouflet ennemi, il se précipite au secours de ses sapeurs avec un mépris absolu du danger et tombe victime d’une intoxication par le gaz qui aurait pu lui coûté la vie si ses hommes ne l’avaient réanimé à temps. Le 23 avril 1916, il est cité à l’ordre du Corps d’Armée. En 8 mois c’est sa 3ème citation et il n’a que 21 ans ! Le 7 mai 1916, il rejoint la 16/2, le 25 mai il est évacué de nouveau du front, je suppose, pour une 3ème asphyxie par le gaz, car il en a été victime à 5 reprises durant toute la guerre. Il rejoint sa Compagnie le 14 juin 1916. Le jour même il est nommé Lieutenant à titre définitif. Du 23 au 24 Août 1916, il assure dans des conditions difficiles l’exécution d’un travail d’une absolue importance, sous le feu de l’ennemi. A deux reprises, il est gagné de vitesse par les allemands. Il lui faut agir, sinon les sapeurs et les fantassins français sauteront. Une première fois il fait percer une galerie, droit sur la mine allemande que l'ennemi est en train de charger. Il abat les gêneurs et place un pétard de cavalerie dans la charge et fait reboucher. La mine fait fougasse et détruit les galeries ennemies. La seconde fois, le temps de réaction était vraiment trop court. Une seule solution possible s'offre à lui, nettoyer la tranchée allemande, descendre dans la mine et placer un pétard dans la charge. Avec quelques volontaires, il réussit ce coup particulièrement audacieux. Là encore cette action lui vaut une citation le 3 septembre 1916 à l’Ordre de la Division cette fois. Recherchant les missions les plus périlleuses, lors d’un camouflet ennemi, ayant détruit une de leurs galeries, il est allé avec un sang froid admirable et absolu mépris du danger, reconnaître une chambre de compression et le rameau ennemi dans lequel il pu réussir à placer et faire jouer efficacement un fourneau de mine. Le 9 octobre 1916, Citation à l’ordre du Corps d’Armée pour ce fait d’arme. Le 15 septembre 1916 il est fait chevalier de l'ordre de St-Stanislas de 3ème classe. Et c'est la contre-attaque française de Verdun. Le 20 Août 1917, Il monte à l'assaut avec sa Section, la 1ère, de la Cie 16/2, avec un entrain remarquable. Sur le Mort-Homme, à 4h40 du matin, se trouvent plusieurs galeries et tunnels, Marcel Goulette réclame l'honneur de pénétrer le premier dans l'un des trois tunnels du Mort- Homme. Le tunnel « Bismak ». Deux entrées de ce tunnel sont découvertes, une troisième plus tard,des postes de surveillance y sont installés. Avec des éléments de la 31ème Brigade d'Infanterie; Un peloton de zouaves sous les ordres du Lieutenant Teisseire est derrière lui, même rattaché au 81ème Régiment du Commandant Bonnefond, Suivi à quelques mètres de son fidèle titi parisien, caporal à sa compagnie, il pénètre dans le ''trou'', couché sur le dos, les pieds en avant. Il rampe pénétrant ainsi dans l'une des trois entrées, dans la sape qui descend en s'évasant. Le Sergent Beauvais, intoxié par le gaz des combats, le suit quand même, ainsi que Dewulff, le sergent-major Babin, le sergent-major Fraisse et le sergent-major Cocu tous de la 1ère section. L'obscurité devient totale: Un lieutenant allemand monte. Un corps à corps s'engage dans la nuit entre les deux officiers. Goulette tâte au passage un bois de mine vertical, se cache derrière cet abri providentiel. Pendant que officier allemand vide dans sa direction le chargeur de son pistolet, Goulette, avec un grand sang froid, sort son pistolet et sa lampe de poche. Il compte les balles. Aussitôt la dernière tirée, il éclaire son adversaire et l'abat. Il hurle : "à la charge !", éclaire le cadavre du lieutenant et somme les ennemis présents de se rendre. Un obus obus français défonce le tunnel, les gaz délétères l’envahissent. Les poilus s’engagent dans le boyau avec d’extrêmes difficultés car le bouleversement est général. Finalement, c'est cinquante trois allemands ayant jetés leurs armes que Goulette remettra aux zouaves accourus à son appel. Goulette fait sans doute partie des victimes du gaz pour la 4ème fois. Le 10 septembre 1917, nouvelle citation, à l’ordre de l’Armée du Général Corsivart. (j'ai retrouvé plusieurs textes de sources différentes, relatant cet exploit: ses états de services militaires détenus au SHAT, et sur le maunuscrit de Jean Cochè, son demi-frère qui m'a été transmis par Mr Jack Flambeaux de la famille). Une partie sur le JMO du 2ème RG à la date du 20 avril 1917. un texte sur la page suivante: http://pageperso.aol.fr/marsouin18/MortHomme1917.html 3 novembre 1917, Il est évacué sur l’hôpital de Belfort du 2ème Régiment du Génie. Puis sur l’hôpital temporaire n°16 qui se trouve à Compiègne, le 23 novembre 1917. Un peu plus tard. Alors qu'il commandait une compagnie, à 22 ans, il est sacrifié avec 150 hommes, pour établir une tranchée de départ entre les lignes françaises et allemandes. IL reste debout sur le terrain, toute la nuit, disant à ses hommes qui le suppliaient de s'abriter, qu'il ne descendrait dans la tranchée que quand elle serait complètement terminée. Il ramène tous ses sapeurs intacts, son manteau est transpercé de balles, mais il n'a qu'une légère blessure. Il y a ensuite Verdun. Fleury, terrible combat, ou il se bat comme un lion, ainsi que ses frères ; André le fantassin, qui tient avec ses mitrailleuses la pointe du combat, presque complètement encerclé et cela pendant trois jours. François, un autre sapeur de 18 ans, qui sauvera deux régiments infanterie, à Noyon- Ribécourt, lors de la bataille de la Marne. Cinq fois asphyxié, alors qu'il allait chercher ses hommes intoxiqués par l'oxyde de carbone dégagé par les camouflets allemands. Trois fois reconnu mort par le médecin major. Trois fois ranimés par ses camarades. Blessé de nombreuses fois, la santé de cet homme robuste, de 24 ans, est très altérée. Il passe devant un conseil médical qui le réforme numéro un, avec pension et un mois de cure au Mont-Dore. Oeudème pulmonaire, asthme et la cornet des yeux altérée, malgré cela, Marcel Goulette veut encore se battre. Il va à Paris, à la direction du Service de Santé, pour y déclarer qu'il refuse sa réforme, sa pension et sa cure. Le médecin général lui confirme qu'il est désormais inapte aux armées de terre, que la seule spécialité dans laquelle il puisse encore combattre est l'aviation. Muté le 26 mai 1918 au dépôt du 2ème RG, Commandant de Compagnie hors rang. Marcel Goulette signe un engagement pour la chasse. Il est alors titulaire de la croix de guerre 1914- 18 avec 6 citations : A savoir, qu’il est mentionné sur un article de presse qui m’a été fournit par le SHAA, qu’il est titulaire de la croix de guerre avec 7 citations dont 3 palmes. Chevalier de l’ordre de St-Stanislas de 3ème classe, une distinction très répandue en 1917 aux soldats français ayant été en action avec les troupes polonaises. Mais je n’ai pas de date précise, ni de texte officiel relatant ces faits le concernant. Le 10 juillet 1918, il est fait Chevalier dans l’ordre de la Légion d’Honneur. Du 11 au 14 septembre 1918, il est désigné pour suivre les cours militaires sur les gaz à l’école de pharmacie de Paris. Pendant la durée de son inaptitude, il est mis à la disposition du sous secrétaire d’état de l’aéronautique militaire et maritime pour être employé en qualité de chef de service adjoint au service général des avions de la section technique de l’aéronautique. Le 8 novembre 1918, il est dirigé sur le dépôt du 2ème RG à Montpellier. Marié à Germaine Semonin, le couple voit naître leur premier enfant ; Marcelle née à Montpellier. Le 13 novembre 1918, il est affecté au 11ème RG. Le 19 décembre 1918, Il est affecté au commandement du Génie de la 16ème Région Militaire. Le général commandant la 16ème RM le choisit immédiatement pour lui servir d'officier d'ordonnance. Le général essaie de lui faire promettre qu'il va continuer sa carrière dans l'armée mais le jeune Lieutenant Marcel Goulette, âgé de 25 ans alors, lui donne la réplique suivante : " Mon général, je crois avoir été un guerrier honnête, mais je suis à peu près certain de faire un très mauvais militaire". Il trouve un compromis entre l’armée et son désir de s’épanouir dans une autre voie, le cadre de réserve. Le 2ème Régiment de Génie est dissou le 30 juin 2010. Ce prestigieux régiment au passé glorieux a mis un point d'honneur à me répondre personnellement lors de mes démarches. Merci mon capitaine. Votre appel du 08 juin 2010 m'a profondément touché.
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Lieutenant Marcel GOULETTE novembre 1917 (collection privée Fr.Goulette)
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